Bénéficiaires
La CRP
doit être proposée par les entreprises de
moins de 1000 salariés et les entreprises en
redressement ou en liquidation judiciaire
(quel que soit le nombre de salariés) aux
salariés totalement privés d'emploi :
-
justifiant d'une ancienneté d'au moins 2
ans chez le même employeur,
-
ayant
suffisamment travaillé pour bénéficier
de l'allocation de retour à l'emploi
(ARE),
-
physiquement apte à l'exercice d'un
emploi.
Tout
salarié ayant moins de 2 ans d'ancienneté
dans l'entreprise peut également bénéficier
d'une CRP, dès lors qu'il remplit les autres
conditions. Cependant, quelques aménagements
sont à prévoir :
-
le
montant de l'allocation versée au
salarié durant la CRP est égal à celui
de l'ARE,
-
la
durée de versement de l'allocation ne
peut excéder celle à laquelle il aurait
pu prétendre au titre de l'ARE,
-
le
salarié ne peut bénéficier de
l'indemnité différentielle s'il retrouve
un emploi moins rémunéré que son emploi
précédent.
Procédure
d'adhésion
Information individuelle
et écrite
Chaque
salarié doit être informé individuellement
et par écrit qu'il a la possibilité de
bénéficier de la CRP en cas de procédure de
licenciement économique.
Contenu du document
d'information
Le
contenu du document remis par l'employeur au
salarié doit mentionner :
-
la
date de remise du document faisant
courir le délai de réflexion,
-
le
délai imparti au salarié pour donner sa
réponse,
-
la
date à partir de laquelle, en cas
d'acceptation de la CRP, son contrat de
travail est rompu.
Il
comporte également un volet « bulletin
d'acceptation » détachable, que le salarié
doit compléter et remettre à son employeur
s'il demande à bénéficier de la CRP.
Lorsque
le licenciement économique doit être précédé
d'un entretien préalable au licenciement, le
document est remis au salarié au cours de
cet entretien, contre récépissé.
Lorsque
le licenciement économique doit être soumis
à la procédure d'information et de
consultation des représentants élus du
personnel, le document est remis à chaque
salarié concerné, contre récépissé, à
l'issue de la dernière réunion de
consultation des représentants du personnel.
Délai de réponse du
salarié
Pour
toute procédure de licenciement économique
engagée à compter du 1er avril 2009, le
salarié dispose d'un délai de réflexion de
21 jours à partir de la date de remise du
document proposant la CRP pour accepter ou
refuser une telle convention. Le délai de
réflexion est de 14 jours pour les
procédures engagées avant le 1er avril 2009.
Le délai
est prolongé jusqu'au lendemain de la date
de notification à l'employeur de la décision
de l'autorité administrative compétente pour
les salariés dont le licenciement est soumis
à autorisation.
Au cours
de ce délai, le salarié bénéficie d'un
entretien d'information réalisé par Pôle
emploi - Assédic, afin de l'éclairer dans
son choix.
Lorsque,
à la date prévue pour l'envoi de la lettre
de licenciement, le délai de réflexion dont
dispose le salarié n'est pas expiré,
l'employeur lui adresse une lettre
recommandée avec demande d'avis de
réception.
Cette
lettre lui rappelle :
-
la
date d'expiration du délai de réflexion,
-
qu'en
cas de refus de la CRP, elle constitue
la notification de son licenciement.
Adhésion
Remise du bulletin
d'acceptation
Pour
manifester sa volonté de bénéficier de la
CRP, le salarié remet à l'employeur le
bulletin d'acceptation complété et signé.
Le
bulletin d'acceptation doit être accompagné
de la demande d'allocations spécifiques de
reclassement dûment complétée et signée par
le salarié et comporter une copie de la
carte d'assurance maladie (Carte Vitale) et
d'une pièce d'identité, ou du titre en
tenant lieu.
Effets de la demande
d'adhésion
En cas
d'acceptation du salarié, le contrat de
travail est considéré comme rompu d'un
commun accord (même si le salarié conserve
la possibilité de contester le motif
économique du licenciement), à la date
d'expiration du délai de réflexion.
La CRP
prend effet dès le lendemain de la fin du
contrat de travail.
L'absence
de réponse au terme du délai de réflexion
est assimilée à un refus. Dans ce cas, le
salarié a seulement droit à l'indemnisation
par l'assurance chômage.
Statut du salarié ayant
accepté la CRP
Le
salarié bénéficie, dès le jour suivant la
rupture du contrat de travail, du statut de
stagiaire de la formation professionnelle.
Accompagnement
et aides au reclassement personnalisé
Entretien individuel de
pré-bilan
Le
salarié qui accepte une CRP bénéficie, dans
les 8 jours suivant la date d'effet de la
convention, d'un entretien individuel de
pré-bilan pour l'examen de ses capacités
professionnelles.
Cet
entretien est destiné à identifier le profil
et le projet de reclassement de l'intéressé,
ses atouts potentiels, ses difficultés et
ses freins éventuels.
Il peut
conduire si nécessaire à un bilan de
compétences.
Il est
réalisé par Pôle emploi - ANPE ou l'un des
autres organismes participant au service
public de l'emploi, en prenant notamment en
compte les caractéristiques des bassins
d'emploi concernés.
Plan d'action de
reclassement personnalisé
Les
prestations d'accompagnement retenues d'un
commun accord, au vu du résultat de
l'entretien de pré-bilan, sont proposées à
l'intéressé au plus tard le mois suivant cet
entretien, dans le cadre d'un plan d'action
de reclassement personnalisé.
Le plan
d'action comprend :
-
si
nécessaire, un bilan de compétences
permettant d'orienter dans les
meilleures conditions le plan d'action,
-
un
suivi individuel de l'intéressé par
l'intermédiaire d'un correspondant
destiné à l'accompagner à tous les
niveaux de son projet professionnel et à
évaluer le bon déroulement de son plan
d'action, y compris dans les 6 mois
suivant son reclassement,
-
des
mesures d'appui social et psychologique
pour permettre à l'intéressé de prendre
la mesure des engagements réciproques
liés à la CRP,
-
des
mesures d'orientation tenant compte de
la situation du marché local de
l'emploi,
-
des
mesures d'accompagnement (préparation
aux entretiens d'embauche, techniques de
recherche d'emploi...),
-
des
actions de validation des acquis de
l'expérience et/ou des mesures de
formation incluant une évaluation
prenant en compte l'expérience
professionnelle de l'intéressé.
Leur mise
en œuvre est confiée à Pôle emploi - ANPE ou
aux autres organismes participant au service
public de l'emploi.
Mesures complémentaires
Les
différentes mesures prévues par le plan
d'action peuvent être complétées par :
-
l'aide à la validation des acquis de
l'expérience,
-
les
aides incitatives au contrat de
professionnalisation,
-
l'incitation à la reprise d'emploi par
le cumul d'une allocation d'aide au
retour à l'emploi avec une rémunération,
-
l'aide dégressive à l'employeur,
-
l'aide à la reprise ou à la création
d'entreprise,
-
les
aides à la mobilité géographique.
Actions de formation
Les
actions de formation proposées à l'intéressé
sont celles qui répondent aux conditions
d'éligibilité des formations financées dans
le cadre du projet personnalisé d'accès à
l'emploi (PPAE).
Sont
prescrites en priorité les actions de
formation permettant un retour rapide à
l'emploi dans le cadre des actions
homologuées ou conventionnées par l'Assedic,
qui préparent à des métiers pour lesquels
les besoins en main-d'oeuvre ne sont pas
satisfaits.
Lorsque
l'action de formation, notamment s'il s'agit
d'une action de requalification, n'est pas
achevée au terme de la CRP, elle se
poursuit, dans le cadre du PPAE, dans la
mesure où l'intéressé s'inscrit comme
demandeur d'emploi.
Pour le
salarié ayant moins de 2 ans d'ancienneté
dans l'entreprise, l'arrivée du terme de la
période d'indemnisation au titre de
l'allocation spécifique de reclassement ne
fait pas obstacle à l'attribution de
l'allocation de fin de formation.
Suivi de
l'exécution du plan d'action de reclassement
personnalisé
Dans le
bassin d'emploi concerné, un correspondant
issu d'une équipe de reclassement
personnalisé est chargé de l'appui
individualisé du bénéficiaire de la CRP.
Cette
équipe est composée de représentants des
organismes chargés du reclassement, de
l'orientation et de la formation des
travailleurs privés d'emploi sous la
coordination de Pôle emploi - Assédic.
Un
document écrit formalise les relations entre
le bénéficiaire de la CRP et Pôle emploi -
Assédic. Il précise les prestations fournies
par les organismes assurant ou participant
au service public de l'emploi à l'appui
d'une démarche active des bénéficiaires
d'une CRP.
Ce
document précise les conditions et les
modalités de recours pour lesquelles
l'intéressé cesse de bénéficier de la CRP :
-
lorsqu'il refuse une action de
reclassement ou qu'il ne s'y présente
pas,
-
lorsqu'il refuse une offre d'emploi
considérée comme valable,
-
lorsqu'il a fait des déclarations
inexactes ou présenté des attestations
mensongères en vue de bénéficier
indûment de la CRP.
Lorsque
l'intéressé cesse de bénéficier de la CRP à
cause d'une des raisons ci-dessus, il doit
s'inscrire comme demandeur d'emploi.
Indemnisation
Le
bénéficiaire de la CRP perçoit une
allocation spécifique de reclassement
pendant toute la durée de la convention.
Indemnité
différentielle de reclassement
Lorsque,
avant le terme de la CRP, le bénéficiaire
reprend un emploi salarié dont la
rémunération est inférieure d'au moins 15 %
à celle de son emploi précédent pour le même
nombre d'heures hebdomadaire de travail, il
perçoit une indemnité différentielle de
reclassement.
Le
montant mensuel de cette indemnité est égal
à la différence entre 30 fois le salaire
journalier de référence servant au calcul de
l'allocation spécifique de reclassement et
le salaire brut mensuel de base de l'emploi
repris.
Elle est
versée mensuellement, dans le but de
compenser la baisse de rémunération. Son
versement ne peut excéder 12 mois pour toute
procédure de licenciement économique engagée
à compter du 1er avril 2009. Lorsque la
procédure a été engagée avant cette date, il
ne peut dépasser 8 mois.
Le
versement est effectué dans la limite d'un
montant total plafonné à 50 % des droits
résiduels de l'intéressé à l'allocation
spécifique de reclassement.
L'indemnité est due dès lors que l'intéressé
justifie de l'exécution de son contrat de
travail.
Au terme de la
CRP
Tout
bénéficiaire d'une CRP qui, au terme de
cette convention, est toujours à la
recherche d'un emploi peut bénéficier de
l'allocation d'aide au retour à l'emploi
(ARE) dès son inscription comme demandeur
d'emploi, dans la limite de ses droits, sans
délai de carence ni différé d'indemnisation.
La durée
d'indemnisation au titre de l'ARE est
réduite du nombre de jours indemnisés au
titre de l'allocation spécifique de
reclassement.