Incontinence urinaire
Source de
l'info ( extrait du
site 33 docavenue) voir suite article sur :www.33docavenue.com. ) Dr François Haab, urologue, hôpital
Tenon, Paris
Santé
Incontinence urinaire
On appelle incontinence urinaire la survenue de
fuites d'urine involontaires. L'incontinence urinaire
est un problème extrêmement fréquent, des enquêtes
récentes ayant établi que près de 2 millions de femmes
en France étaient concernées, et ce à tous les âges. La
vessie est le réservoir naturel de l'urine. Sa
capacité chez l'adulte est d'environ 400 ml. La
retenue de cette urine est assurée par le
sphincter urinaire, anneau musculaire placé
autour du canal qui conduit l'urine depuis la
vessie jusqu'à l'extérieur (canal de l'urètre).
La nécessité de la miction l'action
d'uriner - se manifeste de 4 à 6 fois par jour,
et de 0 à 1 fois durant la nuit. Le nombre des
mictions dépend évidemment de la quantité de
boissons absorbées au cours de la journée. Lors
de la miction, la vessie se contracte et le
sphincter urinaire s'ouvre, permettant ainsi à
l'urine de s'écouler par le canal de l'urètre.
Les fuites d'urine sont
surtout dues à 2 mécanismes :
- soit la
vessie se contracte prématurément, sans
que l'on puisse la contrôler : on parle
alors d'hyperactivité vésicale. Celle-ci
se traduit par des envies pressantes,
parfois non maîtrisables, ou des envies
trop fréquentes d'uriner, de jour comme
de nuit. Ces envies peuvent survenir
spontanément ou être déclenchées par
le froid, le contact avec l'eau ou encore
certaines situations stressantes ; - soit le sphincter urinaire
est trop faible. Dans ce cas, les fuites
d'urine surviennent lorsque la vessie est
comprimée par une augmentation de
pression dans l'abdomen : on parle alors
d'incontinence urinaire d'effort. Les
circonstances habituelles de la survenue
des fuites sont les crises d'éternuements,
la pratique d'un sport, la toux, le soulèvement
d'un poids, et parfois simplement la
marche. La consultation médicale
pour une incontinence urinaire débute
par un entretien avec le médecin, au
cours duquel celui-ci questionne la
patiente sur les circonstances dans
lesquelles surviennent les fuites
d'urine, sur l'ancienneté de ses symptômes,
et sur la gêne qu'engendre ce trouble.
Cet entretien se complète d'un examen
urologique et gynécologique. Dans un grand nombre de
situations, il est utile d'établir un
calendrier mictionnel. Il s'agit d'un
carnet dans lequel on note, pendant une
durée habituellement comprise entre 3 et
7 jours, l'heure à laquelle on urine, la
survenue des fuites, et les circonstances
dans lesquelles elle ont lieu, ainsi que
la quantité de boissons ingérées.
Accessoirement, il peut être aussi utile
de préciser le volume de chaque miction.
Ce calendrier permet au médecin
d'affiner son diagnostic vis-à-vis du mécanisme
des fuites ; cela fait parfois partie de
la thérapeutique.
En fonction des faits observés
lors de la consultation, le médecin
pourra prescrire des examens complémentaires
:
- l'examen
cytobactériologique de l'urine, dont le
but est de rechercher une banale
infection urinaire. Celle-ci peut parfois
simplement se traduire par des envies
pressantes ou par une augmentation de la
fréquence des mictions. Cet examen est
effectué dans un laboratoire d'analyses
; - l'examen urodynamique,
dont le but est d'évaluer avec précision
le fonctionnement de la vessie et du
sphincter urinaire. Pour réaliser cet
examen, une petite sonde souple est insérée
dans la vessie par le canal de l'urètre.
Cet examen n'est pas douloureux ; il ne
dure que 30 à 45 minutes. Aucune anesthésie
ou autre préparation spécifique ne sont
nécessaires. Par ailleurs, il n'est pas
nécessaire d'être à jeun.