Enfin, la
grossesse et l'accouchement sont aussi
des facteurs importants de risque de phlébite
(1 %), ainsi que la contraception orale.
Cependant,
très souvent, on ne parvient à déterminer
aucune cause particulière.
Les signes cliniques
Les signes
cliniques de phlébite sont trompeurs. Il
y a souvent une petite fièvre et une accélération
de la fréquence cardiaque. Localement,
on note un grossissement de la jambe, qui
est douloureuse et un peu rouge, ainsi
qu'une douleur à la palpation du mollet
et à la mobilisation du pied. La
confirmation du diagnostic par un examen
complémentaire est indispensable.
Les examens
Il s'agit
le plus souvent de l'échographie doppler
veineux, qui est un examen simple, rapide
(1/2 heure au plus) et indolore. Il
permet de visualiser l'ensemble des
veines, et de rechercher un caillot. Très
rarement, il faut avoir recours à la phlébographie
qui nécessite une injection d'iode.
Maintenant,
un dosage biologique existe (dosage des D-Dimères).
Il permet, s'il est négatif, d'éliminer
le diagnostic de phlébite à 98 %
environ. En revanche, un taux positif
sera retrouvé en cas de phlébite, mais
également en cas d'inflammation, de
traumatisme, de grossesse, de chirurgie,
etc. Un taux positif doit donc être
confirmé par un écho doppler.
Les complications
Le risque
immédiat lié à la phlébite est
l'embolie pulmonaire : un caillot peut se
détacher, migrer à travers le réseau
veineux, et aller se bloquer au niveau
des poumons, empêchant ainsi l'oxygénation
du sang. Dans la grande majorité des
cas, ces embolies pulmonaires sont bénignes
(elles passent d'ailleurs souvent inaperçues).
Cependant, si le caillot est de taille
importante, elles peuvent être mortelles.
On suspecte une embolie pulmonaire
lorsqu'il y a une apparition brutale
d'une douleur au niveau de la poitrine ou
un essoufflement.
L'autre
complication est, à plus long terme, la
survenue de "séquelles post-phlébitiques",
avec un risque d'ulcère des jambes. En
effet, les valvules veineuses (dont le rôle
est d'empêcher le reflux veineux quand
on est debout) peuvent être endommagées
par un caillot. Le sang "stagne"
alors dans le mollet et le pied, entraînant
ainsi un dème, des douleurs, des
varices, puis un ulcère.
Les autres types de phlébites
Les
thromboses veineuses profondes du bras
sont nettement moins fréquentes (3/100
000 par an). Elles sont souvent dues à
une compression de la veine sous-clavière,
entre la clavicule et les muscles.
L'autre grande cause de phlébite des
bras est la mise en place des "chambres
implantables", notamment pour les
chimiothérapies. Le traitement est
initialement le même que celui des
thromboses veineuses des membres inférieurs.
En revanche, une kinésithérapie, voire
une chirurgie au niveau de la clavicule,
est parfois proposée au décours pour éviter
une récidive, ou encore de l'autre côté,
pour des raisons préventives.
A noter
que, contrairement aux membres inférieurs,
un plâtre posé au niveau du bras ne
favorise pas les phlébites.
Les
thromboses superficielles peuvent
survenir au niveau des bras ou des jambes.
Au niveau des bras, il s'agit généralement
de thromboses secondaires, dues à des
perfusions de produits irritants pour les
veines.
Au niveau
des membres inférieurs, il s'agit le
plus souvent de thromboses de varices (souvent
appelées "para phlébites").
Cependant, le risque d'extension au réseau
profond est au minimum de 5 %. C'est
pourquoi un écho doppler veineux est
indispensable dès qu'une thrombose
veineuse superficielle est constatée,
afin de préciser son étendue.
Le
traitement spécifique de cette
pathologie est encore mal codifié. Néanmoins,
poursuivre la marche, en l'associant à
une contention, est recommandée. En cas
de phlébite isolée d'une varice,
l'application d'une pommade anti-inflammatoire
suffit. En revanche, une thrombose
superficielle très importante doit
souvent bénéficier d'injections d'héparine,
pendant une dizaine de jours. Ensuite,
une chirurgie ("stripping")
doit être envisagée, afin d'éviter une
récidive.