La
demande d'asile déposée par un étranger en
France peut relever de la compétence d'un
autre Etat européen, en application du
règlement européen dit "Dublin II".
En vertu
de ce règlement, la demande d'asile est
examinée par un seul Etat membre.
Les 27
pays membres de l'Union européenne,
l'Islande, la Norvège et la Suisse ont
adopté et appliquent ce texte.
Détermination de
l'Etat membre responsable de la demande
d'asile
Plusieurs
critères, fixés par le règlement "Dublin
II", permettent de déterminer l'Etat membre
responsable de la demande d'asile.
A défaut
de pouvoir désigner, sur la base de ces
critères, l'Etat responsable, c'est le 1er
Etat où la demande a été présentée qui doit
l'examiner.
Est
notamment responsable, l'Etat :
-
où
réside en tant que réfugié ou demandeur
d'asile un membre de la famille du
demandeur d'asile, si les intéressés le
souhaitent,
-
qui a
délivré au demandeur un titre de séjour
ou un visa, toujours en cours de
validité,
-
dont
le demandeur a franchi irrégulièrement
les frontières (la responsabilité de
l'Etat prend fin 12 mois après le
franchissement irrégulier de ses
frontières par l'intéressé).
Cependant, il est possible pour un Etat
membre d'accepter, pour des raisons
humanitaires, une demande d'asile même si
elle ne relève pas normalement de sa
compétence.
Relevé des
empreintes digitales du demandeur
Les Etats
qui ont adopté le règlement "Dublin II"
doivent relever, dans un système européen
automatisé d'identification appelé "Eurodac",
les empreintes digitales des demandeurs
d'asile, des étrangers ayant franchi
illégalement la frontière ou se trouvant en
situation irrégulière sur leur territoire,
en vue de leur transmission, comparaison et,
selon le cas, de leur conservation. Ne sont
pas concernés les mineurs de moins de 14
ans.
Cette
procédure permet, lorsque la demande d'asile
est déposée dans plusieurs Etats membres, :
-
de
savoir dans quel pays le demandeur
d'asile a initialement déposé sa
demande,
-
et de
déterminer quel Etat est responsable de
l'examen de la demande.
Demande de prise
en charge
L'Etat
dans lequel se trouve le demandeur d'asile
doit saisir l'Etat membre qu'il estime
responsable. Ce dernier doit répondre sur la
demande de prise en charge.
Dans
l'attente de cette réponse, le demandeur
d'asile en France reçoit un document portant
la mention "convocation Dublin". Il est
informé, dans une langue qu'il comprend, de
la procédure, de ses délais et de ses
effets.
Réponse sur la
prise en charge
En cas
d'acceptation de la prise en charge, il est
notifié au demandeur une décision écrite
motivée et susceptible de recours. Cette
décision l'informe que sa demande d'asile
sur le territoire français ne sera pas
examinée et de l'obligation de le transférer
vers l'Etat membre responsable.
L'intéressé peut se rendre par ses propres
moyens dans cet Etat, une date limite lui
étant fixée, ou y être transféré sous
escorte.
En cas de
refus de la prise en charge, l'étranger est
admis au séjour en France et autorisé à
déposer sa demande d'asile.